Le pH de la piscine, premier réglage du traitement
Le pH conditionne l'efficacité du chlore, le confort des baigneurs et la longévité du matériel. La zone de confort se situe d'ordinaire de 7,0 à 7,4 : au-delà, même un désinfectant bien dosé travaille mal.
On parle beaucoup du chlore et peu du pH. C'est pourtant lui qui décide si le désinfectant fait son travail. Un bassin peut recevoir la bonne dose de chlore et rester terne, simplement parce que son pH a dérivé.
Avant d'ajuster quoi que ce soit d'autre, le pH doit être juste. Voici pourquoi, et comment le tenir.
Ce que mesure le pH
Le pH indique si une eau est acide, neutre ou basique. L'échelle va de 0 à 14, avec 7 pour la neutralité. En dessous, l'eau est acide ; au-dessus, elle est basique.
Cette échelle est logarithmique. Un écart qui paraît faible sur le papier représente un vrai changement chimique. Passer de 7,2 à 8,2 multiplie par dix le caractère basique de l'eau. Voilà pourquoi quelques dixièmes comptent.
Pour une piscine, la zone recherchée va d'ordinaire de 7,0 à 7,4. Cet intervalle concilie efficacité du chlore, confort des yeux et protection des équipements. Votre notice de traitement peut affiner ce repère. En saison, mesurez-le au moins une fois par semaine, et plus souvent après un orage ou une forte affluence.
Le lien direct avec l'efficacité du chlore
Une fois dans l'eau, le chlore se partage entre une forme très active et une forme peu active. Le pH fixe la proportion de chacune.
À pH bas, la forme active domine. Autour de 7,5, elle ne représente plus qu'environ la moitié du chlore libre. Vers 8, elle devient minoritaire. Concrètement, un pH élevé oblige à verser davantage de chlore pour un résultat moindre.
Ce mécanisme explique bien des situations frustrantes : un taux de chlore correct à l'analyse, et pourtant une eau qui se trouble ou verdit. Le détail des différentes formes de chlore figure dans notre article sur le chlore libre et combiné.
Trop haut, trop bas : les symptômes
Un pH qui dérive se remarque souvent avant même l'analyse.
Quand il est trop haut, on observe en général :
- une eau qui perd sa transparence ;
- des dépôts de calcaire sur la ligne d'eau et dans la cellule d'électrolyse ;
- une consommation de chlore qui augmente ;
- des yeux irrités, une gêne souvent attribuée à tort au chlore.
Quand il est trop bas, les signes sont différents :
- une eau agressive pour les pièces métalliques, comme les échelles ou l'échangeur de chaleur ;
- un liner qui se ramollit et finit par plisser ;
- des joints qui vieillissent plus vite ;
- une sensation de picotement sur la peau.
Dans les deux cas, le confort de baignade et la durée de vie du matériel en pâtissent.
Pourquoi le pH bouge sans cesse
Le pH d'une piscine n'est jamais figé. Plusieurs phénomènes le poussent dans un sens ou dans l'autre.
Il a tendance à monter avec l'électrolyse au sel, qui produit un peu de soude en fabriquant le chlore. L'agitation de l'eau joue aussi : cascades, nage à contre-courant et jets favorisent le dégazage du gaz carbonique. Une eau de remplissage calcaire et certains chlores de choc poussent également vers le haut.
Il a tendance à baisser avec les pluies abondantes et avec les galets de chlore lent, qui sont acides.
Un dernier paramètre amortit ces variations : le TAC, ou alcalinité. Un TAC trop faible rend le pH instable ; trop fort, il le rend difficile à corriger. Notre article sur le TAC et le TH explique ce rôle de tampon.
Corriger le pH sans brusquer l'eau
La correction manuelle passe par deux produits. Le pH moins, acide, fait baisser la valeur. Le pH plus, basique, la fait remonter. Dans la grande majorité des bassins, c'est le pH moins qui sert le plus.
Quelques règles évitent les mauvaises surprises :
- faites tourner la filtration pendant toute l'opération ;
- procédez par petites doses, puis attendez quelques heures avant de mesurer à nouveau ;
- ajoutez le correcteur à l'eau, du bassin ou d'un seau, et non l'inverse ;
- protégez vos mains et vos yeux, l'acide étant corrosif ;
- gardez chlore et correcteur séparés, du stockage jusqu'au dosage.
Une forte correction en une seule fois peut faire basculer l'eau dans l'excès inverse. La patience paie davantage que la dose.
Répartissez le produit devant les refoulements plutôt que dans le skimmer, sauf indication contraire de la notice. Pour choisir entre les deux correcteurs, consultez notre guide pH moins ou pH plus.
Laisser un régulateur tenir la valeur
La correction manuelle a une limite : elle intervient toujours après coup. Entre deux mesures, le pH peut passer plusieurs jours hors de la plage idéale. Pendant ce temps, le chlore travaille mal et le calcaire se dépose.
Un régulateur mesure le pH en continu grâce à une sonde. Il injecte de petites quantités de correcteur dès que la valeur s'écarte de la consigne. L'eau reste ainsi dans la bonne zone, sans à-coups. Avec un électrolyseur, cette régulation est presque indispensable, puisque l'électrolyse fait monter le pH jour après jour.
Si votre piscine fonctionne déjà au sel, un régulateur séparé comme le Phredo s'ajoute à l'équipement existant. Pour un premier équipement, un électrolyseur avec régulation intégrée simplifie le local technique. Conservez malgré tout une trousse près du local technique : elle permet de contrôler la sonde de temps en temps. Celle-ci se vérifie aussi avec des solutions d'étalonnage, comme tout instrument de mesure.