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Les bases de la désinfection

Chlore libre, combiné et total : trois chiffres à bien lire

Le chlore libre est celui qui désinfecte encore, le chlore combiné celui qui a déjà réagi avec la pollution. Le chlore total additionne les deux : c'est l'écart entre total et libre qui révèle une eau fatiguée.

5 min de lecture

Votre trousse d'analyse affiche parfois deux ou trois valeurs de chlore. Beaucoup de propriétaires ne regardent que la première. C'est dommage, car la comparaison entre elles en dit long sur la santé de l'eau.

Pour bien les lire, il faut suivre le chemin du chlore depuis son arrivée dans le bassin jusqu'à sa disparition.

Le chlore libre, celui qui travaille

Quand vous ajoutez du chlore, ou quand un électrolyseur en produit, il se dissout et forme deux espèces chimiques. La première est l'acide hypochloreux, très actif contre les germes. La seconde est l'ion hypochlorite, nettement moins efficace. Ensemble, elles constituent le chlore libre.

La répartition entre ces deux formes dépend du pH. Plus le pH monte, plus l'ion hypochlorite domine. Votre analyse peut donc afficher un chlore libre correct alors que la désinfection réelle est médiocre. Le chlore ne se lit donc jamais sans le pH, ce paramètre décisif que nous détaillons à part.

Pour une piscine privée, on vise en général un chlore libre de l'ordre de 1 à 2 mg/l. La notice de votre désinfectant peut préciser une autre plage, notamment en présence de stabilisant.

Ce chlore libre ne reste pas indéfiniment dans l'eau. Le soleil le détruit, la chaleur accélère sa consommation, et chaque baignade en mobilise une partie. Un taux correct le matin peut avoir fondu le soir d'une journée chaude. Analysez donc à heure fixe pour comparer des valeurs comparables.

Le chlore combiné, celui qui a déjà servi

En désinfectant, le chlore rencontre des matières azotées : sueur, urine, cellules de peau, cosmétiques. Il s'y accroche et forme des composés appelés chloramines. C'est ce qu'on nomme le chlore combiné.

Ce chlore a perdu presque toute sa capacité à désinfecter. Il reste pourtant dans l'eau et provoque plusieurs désagréments :

  • une odeur piquante, souvent prise à tort pour un excès de chlore ;
  • des yeux rouges et une peau qui tiraille ;
  • dans les bassins couverts, un air chargé et irritant.

Les chloramines les plus volatiles s'échappent de l'eau vers l'air. La gêne est donc plus marquée sous un abri ou dans un local fermé.

On cherche donc à garder le chlore combiné aussi bas que possible. Un repère courant consiste à rester sous 0,6 mg/l. Au-delà, l'eau a besoin d'être assainie. Notre dossier sur l'odeur de chlore passe en revue leurs origines et la façon de s'en débarrasser.

Le chlore total, la somme des deux

Le chlore total regroupe tout le chlore présent, qu'il soit encore actif ou déjà usé. Pris seul, ce chiffre n'apprend pas grand-chose. Son intérêt vient de la comparaison avec le chlore libre.

Le calcul est simple : chlore combiné = chlore total − chlore libre.

Prenons un exemple. Votre analyse donne 1,8 mg/l de chlore total et 1,2 mg/l de chlore libre. Le chlore combiné vaut donc 0,6 mg/l. L'eau est à la limite du repère : il est temps d'agir avant l'apparition de l'odeur.

À l'inverse, si total et libre sont presque égaux, le chlore présent est actif. Votre eau est saine de ce point de vue.

Notez vos résultats dans un carnet ou sur votre téléphone. Une hausse lente du combiné, semaine après semaine, signale un déséquilibre qui s'installe.

Mesurer correctement les deux valeurs

La méthode la plus répandue repose sur des réactifs de type DPD. Un premier réactif colore l'eau en fonction du chlore libre. L'ajout d'un second réactif révèle ensuite le chlore total. Les trousses à comparateur de couleurs et les photomètres utilisent ce principe.

Quelques précautions améliorent la fiabilité :

  • prélevez l'eau à une vingtaine de centimètres sous la surface, loin des refoulements ;
  • lisez le chlore libre immédiatement, sans attendre ;
  • rincez bien les cuves entre deux mesures ;
  • respectez la date limite des réactifs, qui vieillissent mal.

Un échantillon qui se décolore aussitôt peut trahir un chlore très élevé : le réactif est alors dépassé. Refaites la mesure en suivant les consignes de votre trousse.

Les bandelettes donnent une tendance utile, mais leur lecture reste approximative. Pour suivre le chlore combiné de près, un photomètre est plus précis. Notre guide pour analyser son eau compare ces outils.

Quand le combiné grimpe : les bons réflexes

Un chlore combiné élevé signale une eau qui reçoit plus de pollution qu'elle n'en élimine. Avant de traiter, cherchez la cause : forte affluence, filtration trop courte, filtre encrassé, apport d'eau neuve insuffisant.

Les actions possibles se combinent :

  • vérifier et corriger le pH, pour que le chlore libre travaille à plein ;
  • allonger la filtration et nettoyer le filtre ;
  • renouveler une partie de l'eau, surtout dans un petit bassin très fréquenté ;
  • réaliser une chloration renforcée, qui détruit les chloramines au lieu de les laisser s'accumuler.

Ajouter un peu de chlore ne suffit pas toujours. Une dose trop timide peut même accentuer l'odeur pendant quelques heures. Si vous manipulez des produits, portez gants et lunettes, et ne mélangez jamais chlore et acide.

Dans une piscine intérieure ou collective, suivre le chlore réel en continu change la donne. Un régulateur comme l'Optimo lit directement la concentration de chlore, exprimée en mg/l, par voie ampérométrique. Il dose au plus juste et limite la formation de chloramines liée aux excès comme aux manques.

Questions fréquentes.

Pourquoi mon eau sent le chlore alors que le chlore libre est bas ?

Cette odeur vient presque toujours du chlore combiné, c'est-à-dire des chloramines. Elles apparaissent lorsque le désinfectant s'associe à la sueur et aux autres apports des baigneurs. Le chlore libre a été consommé, d'où sa valeur basse. Mesurez le chlore total, calculez l'écart, puis assainissez l'eau plutôt que de réduire le traitement.

Une bandelette suffit-elle pour connaître le chlore combiné ?

Certaines bandelettes indiquent le chlore libre et le chlore total, ce qui permet d'estimer l'écart. La lecture par couleur reste toutefois imprécise pour de faibles valeurs. Pour un suivi fiable du chlore combiné, une trousse à réactifs DPD ou un photomètre donne des résultats plus exploitables. Contrôlez aussi la date de péremption des réactifs.

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