Demander un devis

Problèmes d'eau

Yeux qui piquent, mousse en surface : que se passe-t-il ?

Des yeux qui piquent signalent rarement un excès de chlore : le pH mal réglé et les chloramines sont les coupables habituels. La mousse, elle, vient surtout des cosmétiques et de certains produits d'entretien mal dosés.

5 min de lecture

Une idée reçue tenace

Quand les yeux rougissent après la baignade, on accuse spontanément le chlore. On pense qu'il y en a trop, et on réduit le traitement. C'est souvent l'inverse qu'il faudrait faire.

Dans la plupart des cas, l'irritation vient de deux causes bien différentes. La première est un pH trop éloigné de la neutralité. La seconde est la présence de chloramines, ces composés qui se forment quand le chlore réagit avec les apports des baigneurs. Or ces chloramines prolifèrent justement quand le chlore actif manque.

Un vrai excès de chlore existe aussi, mais il se produit surtout juste après un traitement choc. Dans ce cas, attendre que le taux redescende avant de se baigner suffit.

Autre piège : une eau limpide n'est pas forcément équilibrée. Les chloramines sont invisibles, et un pH déréglé ne trouble pas toujours l'eau.

Le pH, premier suspect

L'œil supporte mal une eau trop acide ou trop basique. Un pH proche de celui des larmes est le mieux toléré. C'est aussi la plage où le chlore travaille dans de bonnes conditions. La plage couramment retenue va de 7,0 à 7,4.

Un pH qui grimpe à 7,8 ou 8 provoque des yeux rouges, une peau qui tiraille et des cheveux secs. Il rend aussi le chlore beaucoup moins actif, ce qui favorise l'apparition des chloramines. Les deux causes se renforcent donc mutuellement.

Un pH trop bas entraîne d'autres soucis. L'eau devient agressive pour les muqueuses, mais aussi pour le revêtement et les pièces métalliques.

Avant toute autre démarche, mesurez donc le pH. Si la valeur sort de la plage, corrigez-la par petites doses, filtration en marche, et contrôlez de nouveau quelques heures plus tard.

Les chloramines, ou chlore combiné

La sueur, l'urine, les cellules de peau et les cosmétiques contiennent des composés azotés. Le chlore réagit avec eux et forme des chloramines. Ce chlore combiné ne désinfecte presque plus, mais il irrite fortement les yeux et les voies respiratoires.

C'est lui qui produit la fameuse odeur de piscine, que l'on attribue à tort au chlore lui-même. Une eau bien traitée sent très peu. Notre article sur l'odeur de chlore et les chloramines détaille ce mécanisme.

Pour savoir où vous en êtes, il faut distinguer le chlore libre du chlore total. La différence entre les deux correspond au chlore combiné. Une trousse ou un photomètre capable de mesurer les deux valeurs est indispensable. Le calcul est expliqué dans ce guide sur les trois formes de chlore.

Pour éliminer les chloramines, on procède ainsi :

  • ramener le pH dans sa plage ;
  • réaliser un traitement choc au chlore, qui détruit le chlore combiné ;
  • laisser la filtration tourner en continu le temps que l'eau se stabilise ;
  • renouveler une partie de l'eau si le problème revient sans cesse.

Portez gants et lunettes pendant ces opérations. Ne mélangez jamais le chlore et le correcteur de pH, et versez toujours le produit dans l'eau.

D'où vient la mousse en surface ?

Une mousse blanche qui stagne près des skimmers ou dans les angles a presque toujours une origine chimique ou cosmétique. Les suspects habituels sont :

  • les crèmes solaires, huiles et laits corporels ;
  • les résidus de shampooing, de gel douche ou de lessive restés dans les maillots ;
  • certains algicides, surtout quand ils sont surdosés ;
  • les produits d'entretien des abords, entraînés dans l'eau par la pluie ou le lavage des plages.

Une eau très douce, pauvre en calcium, mousse aussi plus facilement. Le phénomène est encore plus marqué dans un spa. L'eau y est chaude, le volume réduit et les jets brassent fortement la surface. Les particularités de ce cas sont développées dans notre article sur le traitement de l'eau d'un spa.

Faire disparaître la mousse

Un produit antimousse fait retomber la mousse en quelques minutes. C'est une solution de dépannage, qui ne traite pas l'origine du problème. Si la mousse revient, il faut chercher la source.

Commencez par vérifier vos dosages d'algicide. Respectez la quantité indiquée sur l'emballage et préférez une formule non moussante. Nettoyez la ligne d'eau, où se fixent les dépôts gras. Lavez le filtre, qui retient une partie de ces résidus et peut finir par les relarguer. Pour la ligne d'eau, bannissez le liquide vaisselle et les détergents ménagers : ils sont une source classique de mousse.

Un traitement choc aide aussi, car le chlore oxyde une partie des matières organiques responsables de la mousse. Dans les cas tenaces, un renouvellement partiel de l'eau reste la solution la plus sûre.

Prévenir plutôt que corriger

La douche avant la baignade est le geste le plus efficace. Elle élimine une grande partie de la sueur et des cosmétiques avant qu'ils n'atteignent le bassin. Rincer les maillots à l'eau claire, sans lessive, limite aussi la mousse.

Côté traitement, la stabilité du pH fait toute la différence. Une eau dont le pH dérive un jour sur deux finit toujours par irriter. Un régulateur maintient la valeur en permanence, sans dépendre de vos contrôles manuels. Si votre bassin dispose déjà d'un électrolyseur, un Phredo consacré au pH suffit souvent à stabiliser la valeur.

Le Combo régule ensemble ces deux grandeurs que sont le pH et le Redox. Il ajuste en continu la désinfection selon la charge apportée par les baigneurs. Les chloramines ont alors beaucoup moins d'occasions de s'accumuler, même lors des journées chargées.

Questions fréquentes.

Pourquoi les yeux piquent-ils plus en piscine intérieure ?

Dans une piscine couverte, les chloramines volatiles s'échappent de l'eau et restent dans l'air. Faute de renouvellement suffisant de l'air, elles irritent les yeux et la gorge, même hors de l'eau. Une bonne ventilation du local, un pH stable et un chlore libre suffisant limitent ce phénomène. Le contrôle régulier du chlore combiné devient alors indispensable.

Les lunettes de natation suffisent-elles à régler le problème ?

Elles protègent les yeux pendant la baignade, mais ne corrigent pas l'eau. Si le pH est déréglé ou si les chloramines s'accumulent, la peau et les voies respiratoires restent exposées. La désinfection est aussi moins efficace. Mieux vaut mesurer le pH et le chlore combiné, puis corriger l'eau elle-même plutôt que d'en masquer les effets.

Besoin d'un avis sur votre installation ?

Indiquez le volume du bassin et votre traitement actuel : nous vous proposons l'équipement adapté. Devis sous 24 à 48 h.