Combien d'heures filtrer sa piscine selon la température de l'eau
Le repère le plus courant consiste à filtrer chaque jour, en heures, la moitié de la température de l'eau. Ce calcul de départ s'ajuste ensuite selon la fréquentation, la météo et le mode de traitement de votre bassin.
La règle de la température divisée par deux
Prenez la température de l'eau en degrés, divisez-la par deux : vous obtenez une durée de filtration quotidienne en heures. Cette règle simple sert de base à la plupart des piscinistes. Elle donne un ordre de grandeur, pas une valeur au quart d'heure près.
Quelques exemples suffisent à la retenir :
- eau à 16 °C : environ 8 heures par jour ;
- eau à 20 °C : environ 10 heures ;
- eau à 24 °C : environ 12 heures ;
- eau à 28 °C : environ 14 heures.
Au-delà de 28 °C, beaucoup de professionnels conseillent de filtrer en continu. À l'inverse, quand l'eau descend vers 12 °C, on entre dans la logique de l'hivernage, avec des durées bien plus courtes.
Mesurez la température de l'eau, pas celle de l'air. Un thermomètre flottant ou l'afficheur de votre électrolyseur font l'affaire. Après plusieurs jours de beau temps, l'eau peut garder sa chaleur même si l'air fraîchit le soir.
La règle suppose aussi une installation bien dimensionnée. La pompe et le filtre doivent faire passer tout le volume du bassin plusieurs fois par jour. Avec une pompe trop faible ou un filtre colmaté, les heures affichées ne reflètent pas le travail réel. Un manomètre qui grimpe vite ou un retour faible aux buses doivent vous alerter.
Pourquoi la chaleur réclame plus de filtration
Une eau tiède offre un terrain idéal aux algues et aux bactéries. Leur multiplication s'accélère nettement quand la température grimpe. Le désinfectant s'épuise aussi plus vite, sous l'effet conjugué du soleil et de la chaleur.
La fréquentation suit la même courbe. Par beau temps, les baignades se multiplient et apportent sueur, crème solaire et cheveux. La filtration doit retirer ces apports au fur et à mesure.
Enfin, la pompe sert aussi à brasser. Sans circulation, le produit de traitement reste localisé près des buses de refoulement. Les zones mortes, au fond ou dans les angles, deviennent alors des foyers d'algues.
Le vent joue aussi un rôle souvent négligé. Il dépose poussières, pollens et feuilles fines à la surface, même par beau temps. Un jardin très arboré ou un bassin exposé aux rafales demandent donc un peu plus de filtration qu'une piscine abritée.
Les situations qui imposent d'allonger
La règle de base ne couvre pas tout. Certaines circonstances justifient quelques heures de plus, voire une filtration continue pendant un ou deux jours.
- Après un orage, qui apporte débris, poussières et eau de pluie. Les bons réflexes sont décrits dans notre article après un orage.
- Pendant une vague de chaleur, quand l'eau se réchauffe au-delà des valeurs habituelles. Voir aussi nos conseils pour la canicule.
- Après une journée de forte affluence, une fête ou des baignades d'enfants nombreux.
- Lors d'un traitement choc ou d'une eau trouble, jusqu'au retour d'une eau limpide.
- Pendant la floraison, quand le pollen dépose une pellicule jaune en surface.
- Au printemps, à la remise en route, le temps de débarrasser l'eau des dépôts de l'hiver.
Une eau qui reste trouble malgré une filtration longue signale souvent un autre problème. Le filtre peut être encrassé, le sable usé, ou le pH mal réglé.
Répartir les heures dans la journée
Le moment de la filtration compte autant que sa durée. Les heures les plus chaudes et la période de baignade doivent être couvertes en priorité. C'est là que l'eau se charge et que le chlore se dégrade le plus.
Beaucoup de propriétaires découpent la journée en deux ou trois plages. Une plage longue en milieu de journée, complétée par une plus courte en soirée, convient à de nombreux bassins. Évitez de concentrer toute la filtration la nuit en plein été : l'eau resterait immobile aux heures critiques.
En demi-saison, une gelée matinale peut survenir alors que l'eau garde encore un peu de chaleur. Une courte plage au lever du jour protège alors les canalisations exposées.
Vérifiez régulièrement votre horloge de filtration. Une coupure de courant suffit à décaler une horloge mécanique de plusieurs heures. Avec une pompe à vitesse variable, la logique change un peu : on filtre plus longtemps, à débit réduit. Suivez alors la notice du fabricant.
Filtration et appareils de traitement automatique
C'est un point souvent sous-estimé. Un électrolyseur ne produit du chlore que lorsque l'eau traverse sa cellule, donc pendant la filtration. Réduire la durée de pompage revient à réduire la désinfection. Le Xsel contrôle d'ailleurs le débit dans la cellule avant de produire.
Ajustez donc les deux réglages ensemble. Si vous raccourcissez la filtration à l'automne, la production horaire peut devoir augmenter un peu. Si vous l'allongez en été, elle peut au contraire baisser. Les analyses de l'eau vous indiqueront le bon équilibre. Sur un IDOit +, la fonction boost force la chloration de 24 à 72 heures après une forte affluence. La pompe doit bien sûr tourner pendant toute cette période.
Les régulateurs de pH et de Redox ont la même contrainte. Leurs sondes ont besoin d'une eau qui circule pour mesurer juste, et leurs injections n'ont lieu que pompe en marche.
Le mode doseur du Phredo mérite une attention particulière. Il ajoute la même quantité de produit chaque fois que la pompe démarre. Passer d'une à trois plages par jour triple donc la quantité injectée. Pensez-y avant de redécouper votre programmation.
Notez dans un carnet la température de l'eau et la durée réglée, une fois par semaine. Ce relevé simple vous aide à ajuster l'horloge au bon moment, sans attendre que l'eau se dégrade. Notre article sur le lien entre filtration et désinfection complète ces repères.