Hivernage actif ou passif : que faire de son électrolyseur et de ses régulateurs ?
L'hivernage actif garde une filtration réduite et un traitement léger, l'hivernage passif arrête tout après une préparation soignée. Avec un équipement automatique, le choix tient surtout au climat, au risque de gel et au soin que demandent la cellule et les sondes.
Deux façons de traverser l'hiver
L'hivernage commence quand l'eau descend durablement sous 12 °C environ. C'est le repère le plus souvent cité. À cette température, les algues et les bactéries se développent très peu. Le traitement peut donc ralentir sans mettre la qualité de l'eau en danger.
En hivernage actif, la pompe continue de tourner quelques heures par jour. L'eau garde son niveau habituel et un désinfectant reste présent à faible dose. Le bassin demeure clair, et la reprise au printemps se fait vite.
En hivernage passif, tout s'arrête. On baisse l'eau sous les buses de refoulement, on purge les canalisations exposées et on couvre le bassin. Un produit d'hivernage freine le développement des algues jusqu'au printemps.
La première méthode consomme un peu d'électricité et demande une surveillance légère. La seconde concentre le travail sur deux journées, une à l'automne et une à la sortie de l'hiver. Avec des appareils de traitement automatique, chaque option a ses gestes propres.
En hivernage actif, les appareils s'adaptent
Les électrolyseurs récents gèrent cette transition sans votre aide. Le Xsel bascule en mode hivernage quand l'eau passe sous 13 °C. L'IDOit + le fait dès 16 °C. Aucun réglage n'est à modifier au fil des saisons.
Ce mode a une raison d'être. En eau froide, l'électrolyse fonctionne moins bien et sollicite davantage les électrodes. Or la demande en chlore s'effondre au même moment. Peu de soleil, aucun baigneur, presque pas de matière organique : l'eau consomme très peu de désinfectant.
Certains propriétaires préfèrent confier l'hiver au chlore liquide. Le régulateur Combo prévoit cette alternance avec son mode combiné. Il pilote l'électrolyseur pendant la belle saison, puis une injection de chlore liquide pendant les mois froids. La régulation du pH continue dans les deux cas.
Le pH, justement, ne doit pas être oublié. Les pluies d'hiver et la fonte de la neige le font dériver. Un contrôle toutes les deux à trois semaines suffit en général. Gardez aussi un œil sur les bidons : une pompe doseuse qui aspire à vide finit par s'abîmer.
Quant à la durée de filtration, quelques heures par jour suffisent en eau froide. En période de gel, placez-les plutôt la nuit et au petit matin, quand le froid est le plus vif.
En hivernage passif, on met les appareils à l'abri
Quand la pompe s'arrête pour plusieurs mois, l'équipement ne doit pas rester en l'état. Chaque élément a son traitement.
- La cellule d'électrolyse : videz-la, ou démontez-la si le circuit le permet. Rincez-la à l'eau claire et rangez-la au sec, dans un local hors gel.
- Les sondes de pH et de Redox : une sonde qui sèche est souvent perdue. Démontez-les, rincez-les, puis gardez-les dans leur capuchon rempli de solution de conservation, à l'abri du froid.
- Les pompes doseuses : faites-leur aspirer de l'eau claire quelques minutes pour rincer le tube. Retirez les cannes d'aspiration des bidons.
- Les bidons : rebouchez-les et stockez-les au sec, hors gel, en séparant toujours l'acide du chlore.
- Les coffrets : coupez leur alimentation une fois la filtration arrêtée.
Avant ce démontage, faites un dernier équilibrage de l'eau. Ramenez le pH dans sa plage habituelle et vérifiez la désinfection. Ajoutez ensuite le produit d'hivernage selon l'étiquette. Portez gants et lunettes, et ne versez jamais deux produits différents dans le même seau.
Le gel, ennemi numéro un de l'équipement
L'eau qui gèle augmente de volume. Dans une canalisation, une cellule ou un corps de pompe, elle peut tout fendre. En hivernage passif, la purge du circuit protège les éléments exposés. Des flotteurs d'hivernage dans les skimmers absorbent la poussée de la glace.
Pensez aussi aux équipements situés hors du local : douche solaire, robinet de remplissage, conduite d'appoint. Videz-les avant les premières gelées, car ils ne profitent ni de la filtration ni d'une protection hors-gel. Un tuyau d'arrosage resté branché suffit à faire éclater un robinet.
En hivernage actif, c'est le mouvement de l'eau qui protège le circuit. Encore faut-il que la filtration tourne quand il gèle. Une horloge réglée pour l'après-midi ne sert à rien face à une gelée nocturne.
Le régulateur Niveau ajoute ici une vraie sécurité. Il mesure la température et lance la filtration dès qu'elle tombe à 3 °C. Il la relâche quand elle remonte à 5 °C. Cette fonction agit même quand personne ne passe, ce qui rassure en résidence secondaire.
Comment choisir pour votre bassin
Quelques critères simples orientent la décision.
- Votre région : sous des hivers doux à modérés, l'hivernage actif garde une eau saine à peu de frais. Sous un froid long et intense, le passif réduit les risques liés au gel.
- Votre présence : l'actif suppose quelques contrôles pendant l'hiver. À distance, une protection hors-gel automatique devient indispensable.
- Votre équipement : un électrolyseur avec mode hivernage et un régulateur de pH rendent l'actif presque transparent.
- Votre calendrier : si vous ouvrez tôt au printemps, l'actif fait gagner du temps.
Un bassin équipé d'un volet roulant demande une attention particulière. Le tablier repose sur l'eau, et ses lames ne doivent pas rester suspendues dans le vide. Un hivernage passif qui baisse fortement le niveau ne convient pas toujours à ce type de couverture. Consultez la notice du volet avant de vider quoi que ce soit. Dans ce cas, l'hivernage actif s'impose souvent de lui-même.
Avant l'hiver, notez les réglages de chaque appareil sur une fiche rangée dans le local technique. Au printemps, vous repartirez de valeurs connues au lieu de tâtonner. Notre guide de remise en route reprend ensuite chaque étape dans l'ordre.