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Problèmes d'eau

Phosphates et algues : comprendre pour mieux prévenir

Les phosphates servent d'engrais aux algues : plus l'eau en contient, plus elles repartent vite dès que le chlore faiblit. Les réduire aide, mais seule une désinfection constante empêche vraiment les algues de s'installer.

5 min de lecture

Ce dont une algue a besoin pour pousser

Une algue est une plante minuscule. Pour se multiplier, elle a besoin de lumière, de chaleur, de gaz carbonique et de nutriments. Parmi ces nutriments, le phosphore et l'azote jouent le premier rôle.

Dans une piscine, la lumière et la chaleur ne manquent pas en été. Le gaz carbonique est toujours présent dans l'eau. Les nutriments deviennent donc souvent le facteur décisif. Ils font la différence entre une eau qui résiste et une eau qui verdit au moindre faux pas.

Le chlore, de son côté, détruit les algues avant qu'elles ne prolifèrent. Tant qu'il est présent en quantité suffisante, les phosphates n'ont pas d'effet visible. C'est quand la désinfection faiblit, même brièvement, qu'une eau riche en phosphates bascule beaucoup plus vite.

Algues vertes, moutarde ou noires

Toutes les algues ne réagissent pas de la même façon. Les algues vertes, en suspension ou sur les parois, sont les plus courantes et les plus faciles à éliminer.

Les algues dites moutarde forment un dépôt jaunâtre, souvent dans les zones d'ombre. Elles résistent mieux au chlore et reviennent volontiers après un traitement incomplet.

Les algues noires s'incrustent en petits points sombres dans les joints de carrelage et les enduits. Bien accrochées, elles se protègent du chlore. Seul un brossage énergique, avec une brosse adaptée au revêtement, associé à un traitement soutenu en vient à bout.

Dans tous les cas, une eau riche en phosphates facilite leur retour. C'est l'un des premiers paramètres à vérifier quand une même zone se recolonise sans cesse.

D'où viennent les phosphates ?

Ils arrivent dans le bassin par de nombreuses portes, souvent sans qu'on s'en doute :

  • les feuilles, le pollen, la terre et les débris végétaux ;
  • les engrais du jardin, entraînés par le vent, l'arrosage ou le ruissellement ;
  • la sueur, les cosmétiques et les crèmes solaires des baigneurs ;
  • certains produits anticalcaires ou détartrants à base de phosphates ;
  • l'eau de remplissage, parfois, selon son origine.

Une pelouse fertilisée en bordure du bassin ou une haie qui perd ses feuilles suffisent à enrichir l'eau. Un massif en pente vers la margelle produit le même effet à chaque pluie. Les phosphates ne s'évaporent pas et ne sont pas détruits par le chlore. Ils s'accumulent donc tant qu'on ne les retire pas.

Les signes d'une eau trop chargée

Les phosphates ne se voient pas. Ce sont leurs conséquences qui alertent :

  • des algues qui reviennent régulièrement malgré des traitements choc ;
  • une consommation de chlore anormalement élevée ;
  • des parois qui deviennent glissantes quelques jours seulement après un brossage ;
  • une eau qui verdit dès le premier épisode chaud.

Dans ces situations, mesurez les phosphates. Des bandelettes, des trousses et des photomètres proposent ce test. Les résultats s'expriment en mg/l ou en microgrammes par litre selon les outils. Pour l'interprétation, fiez-vous aux repères indiqués par le fabricant de votre test ou du produit de traitement. Notre article sur l'analyse de l'eau aide à choisir la bonne méthode.

Pensez aussi à vérifier les autres causes classiques : pH trop élevé, filtration trop courte, stabilisant en excès. Les phosphates aggravent souvent un déséquilibre déjà présent, sans en être l'unique origine.

Réduire les phosphates

Le moyen le plus direct est un produit anti-phosphates. Il fixe les phosphates dissous sous forme de particules que le filtre retient. L'eau peut se troubler légèrement pendant quelques heures, le temps que la filtration fasse son travail. Nettoyez ensuite le filtre, qui a piégé les phosphates.

Suivez le dosage indiqué par le fabricant, filtration en marche. Portez gants et lunettes, versez le produit dans l'eau et non l'inverse. N'ajoutez pas d'autre produit en même temps, en particulier un chlore ou un acide.

Un renouvellement partiel de l'eau fait aussi baisser la concentration, à condition que l'eau d'appoint en contienne peu.

Mais le plus efficace reste de limiter les apports :

  • évitez d'épandre de l'engrais près du bassin, surtout avant une pluie ;
  • videz souvent les paniers des skimmers, avant que les feuilles ne s'y décomposent ;
  • couvrez la piscine hors baignade, en particulier pendant la chute des feuilles ;
  • choisissez des produits d'entretien sans phosphates ;
  • demandez aux baigneurs de se doucher avant d'entrer dans l'eau.

La désinfection reste la vraie barrière

Retirer les phosphates ne remplace jamais une désinfection correcte. Une eau sans phosphates mais sans chlore finira, elle aussi, par se dégrader. Les algues trouvent toujours un peu de nutriments, ne serait-ce que ceux apportés par les baigneurs.

La vraie protection tient en deux mots : régularité et équilibre. Un chlore toujours présent, un pH dans sa plage, une filtration adaptée à la température. Le lien entre ces deux piliers est détaillé dans notre article sur la filtration et la désinfection.

Un traitement automatique supprime les creux de désinfection, ces quelques heures où le chlore retombe et où les algues profitent de l'occasion. L'IDOit + produit le chlore par électrolyse et, selon sa version, régule aussi le pH et contrôle le Redox. Pour les bassins où l'on veut connaître précisément la teneur en chlore, l'Optimo associe une sonde de chlore ampérométrique à la régulation du pH.

Si des algues ont déjà pris le dessus, traitez d'abord l'urgence avec la marche à suivre face à une eau verte. Une fois l'eau claire, mesurez les phosphates et agissez sur leurs sources. Vous éviterez ainsi de recommencer le même combat chaque été.

Questions fréquentes.

Un anti-phosphates remplace-t-il l'algicide ?

Ils n'agissent pas de la même façon. L'anti-phosphates prive les algues de nourriture, tandis que l'algicide freine leur développement. Aucun des deux ne remplace le chlore, qui reste le seul à détruire réellement les algues et les germes. Dans une eau bien désinfectée et pauvre en phosphates, l'algicide devient d'ailleurs souvent superflu.

Faut-il mesurer les phosphates à chaque analyse ?

Ce n'est pas nécessaire. Une mesure à la remise en route, puis une autre en cas d'algues récurrentes, suffit dans la plupart des cas. Le test devient utile si votre bassin est entouré de végétation ou proche d'une pelouse fertilisée. Il l'est aussi quand la consommation de chlore vous paraît anormalement élevée.

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