Comment fonctionne un électrolyseur au sel
Un électrolyseur au sel produit son propre chlore en décomposant le sel présent dans l'eau, au moment où celle-ci traverse sa cellule. Ce chlore désinfecte le bassin, puis redevient du sel, ce qui explique une consommation très faible.
Le principe : produire le chlore sur place
Une piscine traitée au sel reste une piscine désinfectée au chlore. Ce qui change, c'est l'origine de ce chlore. Au lieu de l'acheter en galets ou en bidons, vous le fabriquez dans le local technique, à partir du sel présent dans le bassin.
L'appareil comprend deux parties. Un coffret électronique alimente et pilote l'ensemble. Une cellule, placée sur la canalisation de retour après le filtre, assure le travail chimique. Toute l'eau filtrée la traverse avant de rejoindre le bassin.
Concrètement, vous ne manipulez plus de produits chlorés au quotidien. Le local technique n'abrite plus de seaux de galets, et vous ne transportez plus de lourds bidons. Le sel, lui, se range au sec sans précaution particulière.
L'eau reste donc légèrement salée en permanence. Pour les appareils Régul Électronique, la valeur idéale est de 4 g/l. C'est près de dix fois moins que l'eau de mer. On la remarque à peine au goût, et elle ne tire pas la peau après la baignade.
Ce qui se passe dans la cellule
La cellule contient des électrodes : des plaques parallèles, traversées par un courant continu de faible tension. À leur contact, le chlorure de sodium dissous se décompose. Il libère du chlore qui se transforme aussitôt, dans l'eau, en acide hypochloreux.
C'est cet acide hypochloreux qui détruit bactéries, virus et algues. Il agit exactement comme le chlore versé à la main. Seul le rythme diffère : la production est continue et répartie sur toute la durée de filtration, sans pic ni creux.
La réaction dégage aussi de fines bulles d'hydrogène et un peu de soude. Les bulles sont emportées par le courant d'eau, à condition que celui-ci ne s'arrête jamais. La soude a un effet que l'on retrouve plus bas : elle pousse le pH vers le haut.
Le niveau de production se règle en pourcentage. Sur un Xsel, un seul bouton le fixe entre 0 et 100 %. Sur un IDOit +, le réglage se fait par pas de 1 %. Sa production reste en outre constante, même quand la température ou la salinité varient.
Un cycle presque fermé
Une fois son travail accompli, le chlore ne s'évanouit pas. En réagissant avec les impuretés et sous l'action du soleil, il se recombine en chlorure de sodium. Ce sel redevient disponible pour le passage suivant dans la cellule.
Ce cycle explique pourquoi le sel se consomme si peu. Il ne s'évapore pas avec l'eau. Il part seulement avec l'eau qui quitte réellement le bassin : lavages du filtre, éclaboussures, débordement après une forte averse.
En pratique, une recharge en début de saison et quelques compléments ponctuels suffisent souvent. La quantité à verser se déduit d'une mesure, jamais d'une estimation. Pour savoir combien en verser, voyez la salinité à viser et le calcul associé.
Les contrôles avant chaque production
Un électrolyseur au sel ne se contente pas d'envoyer du courant dans l'eau. Il vérifie d'abord que les conditions sont réunies. Sur les modèles Xsel, trois paramètres sont vérifiés : la circulation de l'eau, sa teneur en sel et sa température.
Le débit constitue la sécurité principale. Sans circulation, le gaz produit s'accumulerait dans la cellule. L'appareil coupe donc la production dès que l'eau ne passe plus, par exemple à l'arrêt de la pompe.
Selon les modèles, d'autres sécurités s'ajoutent. L'IDOit + réagit par exemple si le sel manque, si le bidon de correcteur se vide ou si l'eau cesse de circuler. Ces garde-fous évitent de faire travailler la cellule dans de mauvaises conditions.
La température compte aussi. Dans une eau froide, les besoins en chlore s'effondrent et la cellule travaille dans de mauvaises conditions. Le Xsel bascule en hivernage automatique sous 13 °C, l'IDOit + sous 16 °C.
Le calcaire est l'autre adversaire. Il se dépose sur les électrodes et réduit leur rendement. Pour le décoller, la cellule inverse régulièrement le sens du courant. Le détail de ce mécanisme, et ses limites, se trouvent dans la page sur le calcaire de la cellule.
Ce que l'électrolyse ne règle pas seule
La soude libérée dans la cellule fait grimper le pH jour après jour. Or un chlore plongé dans une eau au pH élevé désinfecte beaucoup moins bien. Sur une piscine au sel, surveiller le pH n'a donc rien de facultatif.
Deux options existent. Vous pouvez corriger le pH à la main, après chaque analyse. Vous pouvez aussi confier cette tâche à l'appareil : le Xsel pH réunit électrolyse et régulation du pH dans un même boîtier.
L'électrolyse ne dispense pas non plus d'une bonne filtration. Le chlore n'est produit que pendant que l'eau circule. Une filtration trop courte limite donc la production, quel que soit le pourcentage choisi.
Enfin, un appareil réglé sur une production fixe ignore si le bassin réclame plus ou moins de chlore. Il fabrique ce que vous lui avez demandé, ni plus ni moins. Les modèles équipés d'une mesure Redox, comme l'IDOit +, ajustent leur fonctionnement à l'état réel de l'eau.
Si vous envisagez un électrolyseur au sel, regardez d'abord deux points sur votre bassin : la durée de filtration et la présence d'une couverture. Ce sont eux qui orientent le choix entre un Xsel tout simple et un modèle doté d'une régulation.